lundi 14 janvier 2019

Ces yeux-là - poème en prose de Françoise Urban-Menninger






Ces yeux-là n'appartiennent qu'aux hommes de la mer. Ils en prennent tout le bleu et conservent dans leurs stries, la mouvance des vagues, des vents et des marées. Ces yeux-là vous emportent l'âme sur un navire en dérade et vous partez, île flottante, sur d'exquises banquises, où un peu ivre d'être marquise, vous découvrez qu'à l'infini, l'horizon sans cesse se renouvelle. 
Ces yeux-là sont eux-mêmes l'horizon. Ils le limitent et le cernent dans l'essence même d'un bleu plus bleu que l'azur, plus profond que l'océan sans fond. 
Ces yeux-là transcendent l'espace et le temps dans l'éternité d'un regard unique, jeté au-delà de lui-même, telle l'ancre d'un navire. Ces yeux-là sont poésie et poèmes. 
Ils témoignent de la lumière portée au-delà des astres et des planètes sur d'autres galaxies. 
Ces yeux-là  plus céruléens que nos ciels de terre ont vu et se sont écarquillés sur d'autres cieux. Ils en ont pris la couleur, en ont capté les teintes, la magie et tout le magnétisme. 
Ces yeux-là, s'ils ne nous entraînent pas dans la danse infime d'une myriade d'étoiles, à peine perceptible par un oeil humain, ces yeux-là, vous noient, à n'en pas douter dans l'encre des mots, où vous couchez, un soir d'ennui, votre rêve de papier.



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