lundi 17 décembre 2018

Ce rouge... - Poèmes de Barbara Bigot-Frieden



 
















Abrégeons

J’aurais voulu
Que tu me sauves
Que tu me salves
De baisers frêles et frelons
Légers – appuyés - piqués         … mais …
Nous (nous) abrogeons


D’écarlate

Cou cendré d’écarlate
Pouls brisé je suis 
En peine de vous et de vous
Seul –
Ami ma douleur s’évase
Dis-moi quand tu  me scindes
Préviens si tu  t’écartes


Le boudoir

Je baisse la lampe
D’amiante
Pour vous voir
En clair-obscur

Je vouvoie
Et vous discerne
Légère esquisse
Sur les murs 

Je brume bleu
Près du bougeoir
Ne bougez pas
Ou je dis Tu

Restez là 
Sans m’émouvoir
Je ne sais pas
Me mettre à nu

Je murmure
Le Vous dévot,
Et vous dis vrai
Pourvu que durent

Dans le boudoir
Nos signatures
Sur ma nuque
Vos lèvres à boire


Ce rouge

Elle déplisse la peau d’orange  sur ses cuisses
Elle n’a pas de manteau pas même  une pelisse
A peine des os en noyaux  métalliques

Mais il y a les cerises les cerises 
gonflées  
qu’elle offre par poignées aux enfants
pour qu’ils goûtent 
sucré

Elle les appelle Trois pommes 
car ils sont peu
et bien trop petits
pour rester deux

La femme à peau pelure
rides  craquelures  
orange gercée 
rêche  frelatée
vit entre deux masures

Mais elle pense aux cerises les cerises 
colorent les dents
Et l’essentiel pour elle 


C’est ce rouge
Sur du blanc 




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